Pourquoi l’œuf est-il un symbole de la fête de Pâques ?

Le jour de Pâques, la tradition veut que les enfants courent à la chasse aux œufs en chocolat pour ensuite s’en régaler. Cette coutume trouve son origine dans des rituels ancestraux. En effet, depuis des millénaires, l’œuf est un symbole de vie et de fertilité pour de nombreux peuples. Au printemps, comme la poule se remet à pondre, la nature reprend vie après le long sommeil hivernal. Pour célébrer ce renouveau, on échangeait et on mangeait des œufs bénits dont on colorait la coquille. Puis, chez les chrétiens, l’œuf devint progressivement le symbole de la résurrection du Christ, un événement que l’on fêtait à Pâques. Au 4e siècle, l’Église interdit de consommer des œufs pendant les 40 jours précédant cette fête. Les poules continuant à pondre pendant ce temps-là, on ne savait plus quoi faire de tous ces œufs accumulés. Ainsi, au 12e siècle, les paysans commencèrent à les faire bénir par l’Église avant de les offrir à leurs proches pour apporter la fertilité. Les plus riches adoptèrent cette tradition en offrant des œufs décorés de peintures, de gravures et même de pierres précieuses. Les rois eux-mêmes respectaient la tradition. À partir du 16e siècle, les nobles commencèrent à cacher des objets à l’intérieur des œufs, comme du parfum ou des friandises. C’est au 18e siècle que l’on commença à vider les œufs frais pour les remplir de chocolat.

Selon les lieux et les cultures, les traditions varient et les œufs de Pâques sont apportés de différentes façons. Dans certains pays, la légende veut que les œufs soient apportés par les cloches. En effet, le jeudi avant Pâques, les cloches des églises cessent de sonner pour respecter le deuil causé par la mort du Christ, jusqu’au jour de sa résurrection, fêté le dimanche de Pâques. On dit que, pendant ce temps, les cloches se rendent à Rome pour se faire bénir par le pape et sèment des œufs dans les jardins sur le chemin du retour. Dans d’autres pays, les œufs seraient apportés par le lièvre de Pâques, symbole de la déesse-mère que l’on célébrait au printemps. Ailleurs, c’est un coq, un renard, un coucou ou une poule qui joue ce rôle.